La Argentina
Qui est La Argentina ?
Antonia Mercé y Luque, connue sous le nom de La Argentina, naquit à Buenos Aires en 1890, fille de parents espagnols qui étaient professeurs et premiers danseurs du Teatro Real de Madrid. Elle fut élevée en Espagne dès l’âge de six ans, se formant directement auprès de ses propres parents, et fit ses débuts professionnels à quatorze ans au Teatro Romea de Madrid, après quoi elle se produisit dans d’autres théâtres de la capitale comme l’Apolo, le Príncipe Alfonso et la Sala Imperio, ce dernier aux côtés de Raquel Meller et Tórtola Valencia.
Parcours
En 1911, elle s’installa à Paris, point de départ d’une carrière internationale qui la mena, entre 1914 et 1916, en tournée en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et en Russie, puis en Amérique : Buenos Aires, l’Uruguay, le Chili, le Venezuela, le Mexique, Cuba et New York. C’est dans cette dernière ville qu’elle créa, en 1916, les “Goyescas” de Granados au Teatro Máxime Elliot’s. En mai 1929, elle fonda à l’Opéra-Comique de Paris le premier ballet espagnol de l’histoire, et en 1933 elle donna un récital en solo à l’Opéra de Paris, chose qu’aucune autre danseuse n’avait faite jusqu’alors dans cette salle. Elle partagea la scène avec des bailaores comme Faíco, Antonio “el de Bilbao”, Vicente Escudero, Miguel Molina et Pastora Imperio, et bénéficia des conseils musicaux de Manuel de Falla en personne.
Style
Elle développa un style raffiné alliant des éléments du ballet classique aux formes traditionnelles ibériques, se spécialisant dans le zapateado, les tangos et les alegrías, ainsi que dans des interprétations dansées d’œuvres d’Albéniz, Granados et Falla ; sa version d‘“El amor brujo”, créée en 1925 au Teatro Trianon Lyrique et recréée à Madrid en 1935 et à Paris en 1936, devint l’une de ses créations les plus mémorables. Elle voyagea à Grenade pour étudier de près les danses gitanes du Sacromonte, et fut surnommée « la reine des castagnettes » pour sa maîtrise de cet instrument.
Héritage
Elle reçut la première décoration décernée par la Seconde République espagnole, en 1931, des mains de Manuel Azaña, ainsi que la Légion d’honneur française. Elle mourut d’une crise cardiaque à Bayonne, en France, le 18 juillet 1936. L’Opéra de Paris conserve encore des costumes et objets personnels lui ayant appartenu, et Paris comme Madrid lui rendirent des hommages posthumes au cours des décennies suivantes, en reconnaissance d’une contribution décisive à la danse espagnole du XXe siècle.