Luisillo
Qui est Luisillo ?
Luis Pérez Dávila, « Luisillo », est né en 1928 à Mexico, dans une famille sans aucune tradition dansante. Il étudie la danse classique dans une académie installée dans l’immeuble même où il habitait, et dès quatorze ans il est capable de remplacer son propre maître en donnant des cours et en montant des divertissements d’opéras. Avant de se décider pour la danse, il tente même sa chance comme boxeur, mais un moment décisif change son destin : voir danser Carmen Amaya au Teatro Fábregas.
Parcours
Sa grande opportunité survient au cabaret La Habana Madrid de New York, où Carmen Amaya elle-même le découvre et l’intègre à sa compagnie, donnant naissance à une collaboration de quatre ans qui marque sa formation artistique. Après avoir quitté la compagnie d’Amaya, il forme un duo artistique avec la danseuse Teresa pendant cinq ans, avant de créer sa propre troupe et de fonder une académie de danse. Sa compagnie parcourt des scènes du monde entier, y compris la Chine, l’Australie, l’Afrique du Sud et le Moyen-Orient, et présente même une œuvre au Vatican devant le pape Paul VI.
Sa contribution la plus singulière fut de promouvoir une danse espagnole de facture narrative, dotée d’un argument et d’une dramaturgie propres, allant au-delà du simple enchaînement de numéros isolés ; parmi ses chorégraphies figurent « Luna de sangre », « Llanto por un torero », « La Malquerida », « Amor brujo », « Aventuras y desventuras de Don Quijote » (1982) et « La leyenda de Carmen Amaya » (1997), hommage explicite à celle qui l’avait lancé vers la célébrité. Dès 1976 et pendant plus de quarante ans, il dirige le Teatro de Danza Española à Tres Cantos, Madrid, travaillant aux côtés d’artistes comme Lola Greco, Mayte Bajo ou sa propre fille, María Vivó, elle aussi danseuse.
Style
On se souvient de lui pour une formation classique très épurée et élégante, capable de fondre le ballet, le flamenco, le folklore espagnol et l’école bolera dans des mises en scène à structure théâtrale et narrative, ce qui était peu courant dans la danse espagnole de son époque.
Héritage
Il reçoit des distinctions telles que le prix Ben Meritate (1964), la Médaille d’or de la Fenice et la Croix officielle de l’Ordre d’Isabelle la Catholique, remise par le roi Juan Carlos I en janvier 1996. Il meurt à Madrid le 15 novembre 2007.