María la Canastera
Qui est María la Canastera ?
María Cortés Heredia, dite María la Canastera, est née le 27 février 1913 à Grenade, fille de Juan Cortés « el Cagachín », vannier de métier, dont elle tira son nom artistique. Elle grandit dans l’univers des zambras du Sacromonte, où elle commence à danser très jeune, et à peine âgée de seize ans, en 1929, elle se produit à l’Exposition universelle de Barcelone avec le groupe de Manolo Amaya, dansant devant le roi Alphonse XIII aux côtés de Carmen Amaya.
Parcours
Elle partage l’affiche et la scène avec des figures comme La Niña de los Peines, Angelillo, Pepe Marchena et Pepe Pinto, et apparaît dans le film « María de la O » aux côtés de Carmen Amaya. Elle enregistre pas moins de dix-neuf disques et fait de nombreuses apparitions télévisées, en plus de se produire à la Foire internationale du Campo de Madrid en 1976. Elle transforme sa grotte du Sacromonte en un lieu de référence qui attire des célébrités internationales comme Anthony Quinn, Ingrid Bergman, Alain Delon, Henry Fonda, Yul Brynner, Ernest Hemingway ou les ducs de Windsor, ainsi que le compositeur Agustín Lara, dont on raconte qu’une nuit, après s’être retiré à son hôtel, il revint gagné par la nostalgie et que la fête se prolongea jusqu’à l’aube.
Style
Elle dansait à même la terre, sans projecteurs colorés, misant toujours sur l’authenticité face au spectacle artificieux ; son baile de zambra, spontané et souvent improvisé, devint la marque de fabrique du Sacromonte gitan.
Héritage
Elle figure parmi les cent personnalités les plus importantes de la Grenade du XXe siècle — la seule femme gitane sur cette liste — et une statue lui est dédiée sur l’Avenida de la Constitución depuis 2010. Des artistes comme Los Habichuela, Paco Cortés ou El Polaco sont passés par sa grotte et s’y sont formés. Elle meurt le 30 octobre 1966, et son fils Enrique Carmona, El Canastero, maintient la grotte telle qu’elle l’a laissée, perpétuant son héritage.