Pastora Imperio

Qui est Pastora Imperio ?
Pastora Rojas Monje, connue artistiquement sous le nom de Pastora Imperio, naquit à Séville en 1889, fille du tailleur taurin Víctor Rojas et de Rosario Monje « La Mejorana », bailaora gaditane de grande réputation. Sa mère ne voulut pas lui enseigner elle-même le métier, si bien que Pastora se forma à l’académie d’Isabel Santos, où très jeune déjà elle se distinguait par une danse à la forte charge dramatique et expressive, bien typique du style andalou de l’époque.
Parcours
Ses débuts au Salón Imperial de Séville en 1912 furent un succès retentissant qui la propulsa vers la célébrité dans toute l’Espagne. Peu après, elle devint la muse de Manuel de Falla, qui s’inspira d’elle pour composer « El amor brujo », créé en 1915 au Teatro Lara de Madrid, et suscita également l’admiration d’écrivains comme Benavente, Azorín ou Pío Baroja, liés à la Génération de 98. Sa présence dépassa les scènes populaires pour atteindre des publics aristocratiques et la royauté elle-même.
En 1911, elle épousa le torero Rafael « El Gallo », un mariage qui ne dura guère plus d’un an et dont elle divorça par la suite, déjà sous la République, dans un geste d’indépendance peu habituel pour une femme de son époque. Elle eut une fille, Rosario, dont le père fut l’infant Fernando de Borbón, bien que cette paternité n’ait jamais été reconnue publiquement ; sa descendance devait, avec le temps, atteindre l’actrice Pastora Vega, sa petite-fille.
Style
Sa danse se caractérisait par la force dramatique et une capacité expressive que beaucoup de ses contemporains décrivaient presque comme une forme de théâtre corporel, toujours accompagnée de guitare et d’un cante de qualité qui renforçait l’intensité de chaque représentation.
Héritage
Elle mourut à Madrid en 1979, laissant une empreinte profonde en tant que pionnière d’une danse flamenca conçue comme un art total, et comme référence dans la revendication du rôle de la femme sur les scènes de son époque.