Musique Espagnole

Danseurs

Vicente Escudero

1888 – 1980

Vicente Escudero
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Qui est Vicente Escudero ?

Vicente Escudero Urive naquit à Valladolid le 27 octobre 1888, dans une famille modeste ; son père travaillait comme cordonnier. Il se forma de manière pratiquement autodidacte tout en travaillant dans des ateliers d’arts graphiques, et grandit entouré de milieux gitans, au point de se considérer lui-même comme « gitan d’adoption », revendiquant, aux côtés de son ascendance castillane, une part de sang romani. De cette double racine naquit une danse épurée, sobre et presque théorique, éloignée de l’ornement superflu et centrée sur la pureté du mouvement masculin.

Parcours

Il fit ses débuts officiels en 1920 au Théâtre Olympia de Paris et vécut sa période de plus grand éclat artistique entre 1929 et 1936, se produisant aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni, à Cuba, en Afrique du Nord et dans plus de vingt pays, à travers plus de soixante villes. Il dansa aux côtés de La Argentina dans « El amor brujo », l’un des moments les plus célébrés de sa carrière, et préférait toujours l’improvisation sur scène à la répétition mécanique d’une chorégraphie figée. Il se retira des scènes en 1966, bien qu’il continuât à donner des récitals à Barcelone dans ses dernières années.

En 1974, l’État espagnol lui rendit lui-même hommage au Teatro Monumental de Madrid, saluant un parcours qui avait fait de lui une référence incontournable de la danse masculine.

Style

Il défendit un flamenco austère et viril, construit sur un zapateado capable de produire des sonorités variées sans recourir à des ferrures métalliques ajoutées aux chaussures, et rejeta toute concession décorative qui ne naîtrait pas de la logique propre du mouvement.

Héritage

Outre son activité de bailaor, il fut peintre, écrivain et acteur et cantaor à l’occasion, et laissa par écrit sa pensée sur la danse dans des ouvrages comme « Mi baile », « Pintura que baila » et son célèbre « Decálogo del Baile Flamenco ». Il reçut la Médaille d’Or de Valladolid, ville qui lui dédia également une rue et deux statues. Il mourut à Barcelone le 4 décembre 1980, considéré comme l’un des grands rénovateurs intellectuels de la danse flamenca du XXe siècle.