Angelillo

Qui est Angelillo ?
Ángel Sampedro Montero, connu artistiquement sous le nom d’Angelillo, naquit le 12 janvier 1908 dans le quartier madrilène de Puente de Vallecas, fils d’un père galicien et d’origine modeste. Avant de se consacrer au cante, il travailla comme ramoneur et apprenti joaillier, et rêva jeune de devenir torero, une voie qu’il finit par abandonner pour celle de la musique.
Son entrée dans le monde du cante eut lieu en 1924, lorsqu’il remporta un concours de cante organisé dans son Vallecas natal et participa également au concours de la Copa Pavón, deux jalons qui marquèrent le début d’une carrière qui allait bientôt le mener sur les plus grandes scènes de Madrid.
Parcours
Il se produisit dans des salles et théâtres comme le Kursaal Imperial et le Teatro Barbieri de Madrid, le Teatro Romea, le Salón Variedades de Séville et La Viña P de Barcelone, et en 1934 il parcourut l’Espagne lors d’une tournée organisée par l’imprésario Vedrines. Il s’accompagna de guitaristes de premier plan comme Ramón Montoya, Sabicas et Habichuela, et croisa sur son chemin d’autres grandes figures du cante-copla de l’époque, comme Pepe Marchena et Juanito Valderrama. Il fut également acteur de cinéma, avec des rôles dans des films comme « La hija de Juan Simón » (1935) et « Suspiros de Triana » (1954), plusieurs d’entre eux produits par la compagnie républicaine Filmófono.
Après la guerre civile, il s’exila, d’abord à Oran puis, de façon permanente, en Argentine, où il résida près de deux décennies, avec seulement quelques retours ponctuels en Espagne. À Buenos Aires, il poursuivit sa carrière et devint l’une des figures les plus reconnaissables de la communauté espagnole émigrée.
Palos et discographie
Son répertoire était très vaste et couvrait fandangos, fandanguillos, caracoles, granaínas, mirabrás, soleares, seguiriyas, malagueñas, tarantas, mineras, murcianas, saetas, verdiales et cantes de ida y vuelta d’influence américaine, comme les colombianas. On lui attribue le fait d’avoir été l’un des pionniers à introduire l’accompagnement orchestral dans le cante flamenco, une innovation frappante pour son époque qui le distingua de la génération précédente de cantaores accompagnés uniquement à la guitare.
Héritage
Angelillo mourut le 25 novembre 1973 à Buenos Aires, lors d’une intervention chirurgicale à l’estomac au cours de laquelle, selon les récits de l’époque, une panne électrique se produisit au bloc opératoire. On se souvient de lui comme de l’une des voix qui portèrent le cante et la copla espagnols vers le terrain orchestral, et comme d’une figure représentative de la culture populaire de l’exil républicain en Amérique.