José Menese

Qui est José Menese ?
José Menese Scott est né le 3 décembre 1942 à La Puebla de Cazalla (Séville). Cantaor payo, il commença à chanter à peine âgé de 8 ans dans la cordonnerie de son père, un environnement artisanal et populaire bien éloigné des grandes scènes qu’il allait finir par fouler. Son grand protecteur fut le peintre et parolier Francisco Moreno Galván, qui l’emmena à Madrid et l’introduisit dans les cercles intellectuels et artistiques de la capitale, marquant de façon décisive le cours de sa carrière.
Il fit ses débuts publics au Cine Carretería d’Osuna, présenté par Antonio Mairena, dont la manière de concevoir le cante jondo — sérieuse, orthodoxe, éloignée des concessions commerciales — il adopta comme référence esthétique dès le premier instant.
Parcours
Entre 1963 et 1968, il fit partie de la troupe du tablao madrilène Zambra, partageant l’affiche avec des figures comme Pericón de Cádiz, Perico el del Lunar, Rafael Romero, Juan Varea et Rosa Durán. Son guitariste principal pendant une bonne partie de sa carrière fut Melchor de Marchena, et plus tard il compta également sur Enrique de Melchor et Juan Carmona « Habichuela ». En 1965, un court-métrage tourné pour la télévision allemande fit décoller sa popularité et lui ouvrit une tournée à travers toute l’Espagne.
Son rayonnement devint international avec deux récitals à l’Opéra de Paris en 1973 et 1974, et atteignit une dimension presque institutionnelle en 1985, lorsqu’il se produisit aux côtés de l’Orchestre et du Chœur nationaux d’Espagne lors d’un concert donné au siège des Nations unies à New York. Il foula également des scènes comme le Teatro Real, l’Auditorio Nacional, le Palau de la Música de Barcelone et le Teatro Monumental de Madrid. Moreno Galván le mit en relation avec des écrivains et des artistes de la Génération de 50 — Caballero Bonald, Rafael Alberti, Antonio Gala, Fernando Quiñones, Luis Rosales — bien que Menese ait toujours défendu qu’il ne voulait pas que d’autres poètes écrivent pour lui, préférant se voir comme « un homme seul avec la voix de son peuple ».
Palos et discographie
Son répertoire, fidèle à l’héritage mairenista, comprenait tonás et cantes libres, siguiriyas, soleares, tangos, tientos, malagueñas, granaínas, tarantas et serranas. Il laissa une discographie étendue qui débuta en 1963 avec ses débuts enregistrés aux côtés de Melchor de Marchena et qui comprend des titres comme « Cantes de José Menese » (1965), « Cantes flamencos básicos » (1967), « Menese » (1968), « Renuevos de cantes viejos » (1970), « Andalucía : 40 años » (1978), « La Puerta de Ronda » (1987), « Firme me mantengo » (1991) et « A mis soledades voy, de mis soledades vengo » (2005), son dernier travail discographique.
Héritage
Tout au long de sa carrière, il réunit un vaste palmarès : le Premio de Honor Tomás El Nitri du Concurso Nacional de Arte Flamenco de Cordoue (1965), le Premio de Siguiriyas de Marbella (1966), la distinction de Mairena del Alcor (1967), le Premio Popular du journal Pueblo (1968), la Saeta de Oro de Séville (1969), la Taranta de Oro d’Almería (1971) et le Premio Nacional de Cante de la Cátedra de Flamencología (1974), entre autres. Il fut par ailleurs le premier cantaor de sa génération inclus dans le Dictionnaire Larousse, à 25 ans, et Rafael Alberti lui dédia un poème. Il mourut à son domicile de La Puebla de Cazalla le 29 juillet 2016, à 74 ans, quelques semaines avant les hommages prévus lors des festivals de Mairena del Alcor et d’Alcalá la Real ; il est considéré comme l’un des cantaores non gitans les plus influents de l’histoire du flamenco, capable de jeter un pont entre le cante jondo le plus orthodoxe et les publics intellectuels et universitaires.