Musique Espagnole

Chanteurs de flamenco

La Piriñaca de Jerez

1899 – 1987

Qui est La Piriñaca de Jerez ?

Ana Blanco Soto, connue sous le nom de La Piriñaca de Jerez ou Tía Anica La Piriñaca, est née le 11 avril 1899 à Jerez de la Frontera. Le surnom familial de « Piriñaca » venait de son père, et elle le partageait avec ses frères, également cantaores : El Enano et El Gachó. Elle grandit donc dans un environnement où le cante était une pratique habituelle au sein de la famille et du quartier.

Malgré cet héritage, Ana Blanco n’envisagea jamais le cante comme un métier tant qu’elle fut mariée : elle chantait dans le cercle intime de son entourage, sans aucune vocation publique, ce qui était assez courant chez les femmes de sa génération dans les quartiers gitans de Jerez.

Parcours

Elle se forma dans l’ambiance des réunions intimes des ventas de Jerez, en particulier à la Venta de San José, où elle côtoya des figures comme El Borrico, El Serna, El Troncho et El Brenes, et chanta plus tard aussi à la Venta de El Morito. Elle ne se consacra au cante de manière professionnelle qu’après la mort de son mari, au début des années cinquante, moment où sa voix commença à sortir du cercle familial vers un public plus large.

Ses premiers enregistrements vinrent d’Antonio Mairena, qui l’inclut dans l’« Antología del cante flamenco y cante gitano », puis elle participa aussi à l’« Archivo del cante flamenco ». Au fil des années, elle fut accompagnée par des guitaristes du calibre de Manuel Morao, Parrilla de Jerez, Diego Carrasco et Juan Moreno, et enregistra également deux disques en solo.

Palos et discographie

Son répertoire se concentrait sur les soleares et seguiriyas héritées de Tío José de Paula, l’un des grands maîtres de l’école de Jerez, ainsi que sur les tientos, martinetes, tonás et deblas. Elle fut aussi l’une des grandes interprètes de bulerías de sa terre, toujours fidèle aux styles les plus authentiques et les moins exhibitionnistes du quartier de Jerez.

Héritage

En 1985, elle reçut un hommage public de la Cátedra de Flamencología y Estudios Folklóricos Andaluces lors du Festival de la Bulería, reconnaissance d’une carrière consacrée à préserver la tradition gitane de sa ville. Elle mourut dans sa Jerez natale le 4 novembre 1987, laissant le souvenir de l’une des voix les plus pures et les plus authentiques de l’école de Jerez, considérée par de nombreux aficionados comme une véritable « emperaora » de la bulería.