Manuel Centeno
Qui est Manuel Centeno ?
Manuel Jiménez Centeno est né à Séville en 1885 et fut, dès sa jeunesse, un artiste au parcours peu conventionnel dans le monde du flamenco : avant de se consacrer entièrement au cante, il se lança dans la corrida de novillos. Payo de naissance, il ne venait pas d’une famille flamenca classique, mais arriva au cante depuis un autre métier lié au spectacle et au risque.
Son passage dans les arènes prit fin après avoir subi deux coups de corne, ce qui le conduisit à abandonner la carrière taurine et à chercher dans le chant un moyen de subsistance. C’est ainsi qu’il se réinventa en cantaor, acteur et ténor de zarzuela, combinant ces différentes facettes tout au long de sa carrière.
Parcours
Centeno parcourut l’Espagne avec différentes compagnies théâtrales, participant à des troupes de comédies et de zarzuelas en plus de ses prestations flamencas, ce qui lui donna un rayonnement artistique peu habituel parmi les cantaores de sa génération. Avec le temps, il devint l’interprète de saetas le plus recherché de Séville, en particulier à partir de 1922, année à partir de laquelle son nom resta associé de manière indiscutable à ce cante religieux.
Son prestige le mena à se produire aux côtés des grandes compagnies de son époque et à remporter le trophée Copa Pavón, décerné par le théâtre du même nom à Madrid, une reconnaissance qui confirmait sa place parmi les artistes les plus estimés du moment.
Palos et discographie
Bien qu’il ait cultivé d’autres styles comme les cartageneras et les caracoles, sa spécialité indiscutable fut la saeta, un genre dans lequel il fut considéré comme l’un des meilleurs interprètes de tous les temps. Il laissa des enregistrements discographiques tout au long de sa carrière, témoignage d’une voix qui combinait la formation théâtrale et lyrique avec l’émotion du cante flamenco le plus populaire.
Héritage
Manuel Centeno mourut le 12 août 1961 à Carthagène (Murcie), après s’être senti mal lors d’une représentation et avoir été transporté dans un hôpital de la ville, où il décéda peu après. Il laissa derrière lui une école propre d’interprétation de la saeta qui marqua les générations suivantes, et son nom reste associé à la richesse expressive avec laquelle il savait chanter pendant la Semaine Sainte sévillane.