La Niña de los Peines

Qui est La Niña de los Peines ?
Pastora Pavón Cruz, La Niña de los Peines, est née à Séville le 10 février 1890 au sein de la Casa de los Pavones, une véritable dynastie du cante gitan andalou. Elle était la sœur d’Arturo et de Tomás Pavón, tous deux cantaores de grand prestige, et grandit en se formant à l’école la plus pure et la plus authentiquement gitane auprès d’eux, ce qui fit d’elle très tôt l’héritière directe de cette tradition familiale.
Elle commença à monter sur scène alors qu’elle n’était encore qu’une enfant : à seulement huit ans, elle se produisait déjà dans les cafés cantantes de Madrid, des débuts précoces qui annonçaient ce qui allait devenir l’une des carrières les plus longues et les plus respectées du cante flamenco du XXe siècle.
Parcours
Au fil des années, elle maîtrisa un répertoire extraordinairement vaste, comprenant tangos, peteneras, soleá, seguiriyas, tientos, martinetes, alegrías, malagueñas, bulerías et fandanguillos, et alla au-delà de la simple interprétation en créant ses propres styles comme les bamberas — inspirées du folklore andalou lié aux balançoires de carnaval — et les lorqueñas, dans lesquelles elle mit en musique por bulerías des poèmes de Federico García Lorca. En 1928, elle participa à une tournée aux côtés d’Antonio Chacón, Manuel Vallejo et José Cepero, croisant ainsi certaines des grandes figures du cante de sa génération.
En 1931, elle épousa le cantaor Pepe Pinto dans le quartier sévillan de la Macarena, formant l’un des couples artistiques et personnels les plus connus du flamenco de l’époque. Tout au long de sa carrière, elle se produisit accompagnée de guitaristes de référence comme Manolo de Badajoz et Melchor de Marchena, avec qui elle laissa certaines de ses interprétations les plus mémorables.
Palos et discographie
Son héritage discographique fut surtout consigné dans les disques qu’elle enregistra pour La Voz de su Amo entre 1958 et 1959, déjà dans la dernière étape de sa carrière, où elle condensa une bonne partie du répertoire qu’elle avait maîtrisé au fil des décennies : des cantes por tangos et peteneras, pour lesquels elle fut particulièrement reconnue, jusqu’aux soleares, seguiriyas et bulerías.
Héritage
Elle mourut à Séville en 1969, et possède aujourd’hui un monument à sa mémoire sur l’Alameda de Hércules, le même quartier de la ville où se forgea une bonne partie de la vie flamenca sévillane de son temps. Elle est considérée comme l’une des plus grandes interprètes de l’histoire du flamenco, avec une école de cante que les spécialistes décrivent comme pratiquement impossible à imiter, tant par l’ampleur de son répertoire que par la personnalité qu’elle imprima à chacun des styles qu’elle aborda.