Musique Espagnole

Guitaristes

Gerardo Núñez

1961 – actualidad

Qui est Gerardo Núñez ?

Gerardo Núñez Díaz naît en 1961 à Jerez de la Frontera, dans une famille paya sans tradition flamenca directe, ce qui ne l’empêche pas de devenir l’une des figures les plus respectées de la guitare jerezana contemporaine. Il commence sa formation dans sa ville natale auprès de Rafael Aguilar, lui-même élève de Rafael Águila, dans l’entourage de la Cátedra de Flamencología de Jerez, et se met très vite à l’épreuve en accompagnant des cantaores de poids.

Entre 1975 et 1982, alors qu’il n’est encore qu’adolescent — il n’a que quatorze ans à ses débuts —, il accompagne des figures comme Tío Gregorio Borrico, Manuel Mairena, José el de la Tomasa, Terremoto de Jerez ou La Paquera, un apprentissage intensif sur scène qui s’avère déterminant dans sa formation.

Parcours

Plus tard, il collabore avec Paco Cepero et le chorégraphe Mario Maya, dans l’entourage duquel il rencontre la bailaora Carmen Cortés, qui devient sa partenaire artistique et personnelle et pour laquelle il compose la musique de spectacles comme « A contraluz », « Memoria del cobre », « Cantes de ida y vuelta » ou « Los Gabrieles », en plus d’une adaptation de « El amor brujo » de Manuel de Falla pour quatre guitares. Déjà dans les années quatre-vingt, il élargit son horizon vers le jazz, collaborant avec des musiciens comme Dave Thomas, Tomás San Miguel ou Paquito D’Rivera, et sa guitare a également accompagné des artistes aussi divers que Plácido Domingo, Joaquín Sabina, Ana Belén, Isabel Pantoja ou Mecano.

En 1992, il fonde le Seminario de Guitarra Flamenca de Jerez, transféré plus tard à Sanlúcar de Barrameda avec la collaboration du conservatoire local, et qui a atteint plus de trente éditions. Il a également soutenu des festivals comme le Festival Flamenco de Tarifa ou l’Enclave de Sol.

Style et discographie

Son jeu est reconnu pour intégrer de façon convaincante la sonorité jonda dans d’autres schémas musicaux, sans pour autant perdre sa racine jerezana. Il fait ses débuts en solo avec « El gallo azul » (1988), publié sous son propre label du même nom et accueilli par d’excellentes critiques, suivi de « Flamencos en Nueva York » (1989), « Juncal », « Calima » (1998, enregistré aux États-Unis avec Danilo Pérez, John Patitucci et Arto Tunçboyacıyan) et « Andando el tiempo » (2004). Il fait également partie du quatuor international « International Guitar Night » (1998) aux côtés d’Alex de Grassi, Paolo Bellinati et Brian Gore.

Héritage

En 2008, il reçoit la médaille Nikolaï Rubinstein du Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, première distinction de ce type qu’il reçoit et qu’il décrit comme une reconnaissance particulièrement précieuse venant d’une institution de musique classique. Considéré comme l’un des guitaristes les mieux formés de sa génération, il a également exercé comme producteur et éditeur de jeunes artistes, aidant par exemple Jesús Méndez à publier son premier disque.