Manolo Sanlúcar

Qui est Manolo Sanlúcar ?
Manuel Muñoz Alcón, connu artistiquement sous le nom de Manolo Sanlúcar, naquit à Sanlúcar de Barrameda (Cadix) en 1943. Son premier maître fut son propre père, Isidro Muñoz, boulanger et guitariste amateur, auprès de qui il apprit les fondements du toque. Les influences décisives de ses années de formation furent Niño Ricardo, pour sa sensibilité et son expressivité, et Diego del Gastor, pour son attachement à un flamenco authentique et traditionnel. Il débuta sa carrière professionnelle à quatorze ans dans la compagnie de Pepe Marchena, et avant même d’avoir vingt ans il était déjà reconnu comme un artiste de premier plan.
Parcours
Il développa une technique stupéfiante qui, selon ses propres mots, ne perdait jamais le contact avec l’improvisation. Son traité en trois volumes « Mundo y formas de la guitarra flamenca » (1972) marqua un tournant dans sa carrière, après quoi il se consacra à explorer en profondeur les possibilités compositionnelles de l’instrument. Il fut le premier guitariste à porter le flamenco au Teatro Real de Madrid et se produisit dans plus de quatre-vingts pays des cinq continents, parmi lesquels l’Australie, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Brésil, l’Argentine, le Japon et les États-Unis.
Style et discographie
Il révolutionna le flamenco en l’associant à la musique symphonique dans des œuvres comme la « Fantasía para guitarra y orquesta », le concerto en Ré majeur « Trebujena », « Tauromagia », le poème symphonique « Aljibe » ou « Locura de brisa y trino » (1999, sur des poèmes de García Lorca et avec la voix de Carmen Linares), tout en composant également la musique de ballets comme « Medea », qui totalise plus de mille représentations du Ballet Nacional de España, « Soleá » (1988) ou « Mariana Pineda », également inspiré de Lorca. Il fut aussi directeur musical du film « Sevillanas » de Carlos Saura et auteur des mémoires « El alma compartida ».
Héritage
Il reçut, entre autres nombreuses distinctions, le Premio Nacional de Música (2000), le Premio Puerta de Alcalá, le Premio Flamenco Hoy, la Medalla de Andalucía, la Medalla de Oro al Mérito de las Bellas Artes et le Premio Internacional del Flamenco (2020), et en 1997 il devint membre de la Real Academia Provincial de Bellas Artes de Cádiz. Il défendait l’idée que le flamenco est une philosophie, une manière de penser et de sentir de tout un peuple, et œuvra pour qu’il cesse d’être perçu comme quelque chose de tribal et de folklorique. Il mourut le 27 août 2022 à l’Hospital Universitario de Jerez, à l’âge de 78 ans.