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Meilleur accordeur et métronome pour guitare flamenca

Pourquoi bien accorder compte particulièrement en flamenco

Dans n’importe quel style de guitare, une accordage négligé se remarque, mais dans la guitare flamenca la marge d’erreur est encore plus réduite pour une raison bien précise : la capo. Il est courant de changer de ton plusieurs fois pendant une même séance, voire au sein d’un même morceau, en montant ou descendant la capo pour adapter le ton à la voix du cantaor ou à la tessiture de la bailaora. Chaque fois que la capo est déplacée, la moindre imprécision d’accordage sur les cordes à vide se multiplie, car cette imprécision se retrouve maintenant sur une case différente et peut sonner différemment selon l’accord joué au-dessus.

À cela s’ajoute que le flamenco se joue très souvent en groupe : avec le cante, avec les palmas, parfois avec une autre guitare ou avec un cajón. Une guitare légèrement désaccordée par rapport à la voix du cantaor ne sonne pas seulement mal isolément, elle génère aussi un frottement constant et gênant avec le reste du groupe, quelque chose qu’un auditeur ne sait pas toujours expliquer mais qu’il perçoit immédiatement comme « quelque chose ne colle pas ». En répétition ou en cours, cela peut se corriger en cours de route, mais lors d’une représentation en direct, avec le stress et le volume du tablao, il n’y a pas le temps de réaccorder corde par corde à l’oreille.

Enfin, la guitare flamenca porte généralement des cordes d’une tension un peu différente de la guitare classique et se joue avec un jeu bien plus percussif — rasgueados, coups, alzapúas — qui soumet les cordes à plus de tension mécanique et les fait se désaccorder plus facilement qu’avec un style de jeu plus doux. En pratique, cela signifie qu’il faut vérifier l’accordage plus souvent qu’on ne le pense, pas seulement en commençant à jouer mais aussi en cours de séance, surtout après un rasgueado intense ou après avoir monté plusieurs demi-tons avec la capo.

Tout cela fait qu’investir dans un bon accordeur — et dans un métronome, comme nous le verrons plus loin — n’est pas un caprice d’amateur méticuleux, mais un outil qui résout un problème réel et très spécifique à ce style.

Types d’accordeurs : pince, pédale et applications mobiles

Tous les accordeurs ne conviennent pas aussi bien à toutes les situations, et choisir le bon type dépend surtout d’où et comment vous avez l’habitude de pratiquer.

Accordeur à pince (clip-on). C’est de loin l’option la plus recommandable pour débuter et celle qu’on voit le plus souvent entre les mains des guitaristes flamencos, amateurs comme professionnels. Il se fixe directement sur la tête de la guitare et détecte l’accordage par la vibration physique du bois, et non par le son capté par un micro. Cela présente un énorme avantage pour le flamenco : il fonctionne parfaitement dans un environnement bruyant — un cours avec plusieurs guitares en même temps, une peña où l’on discute, une répétition avec cajón — car le bruit ambiant ne l’affecte pas. Il est bon marché, petit, ne nécessite pas de piles à vie et peut rester sur la tête de la guitare pendant toute la séance pour vérifier l’accordage à tout moment sans presque interrompre le jeu.

Pédale d’accordeur. C’est l’option incontournable pour qui joue avec une guitare amplifiée ou avec un micro, de plus en plus courant dans le flamenco moderne et les formats de fusion. La pédale se place dans la chaîne d’effets, entre la guitare et l’amplificateur (ou la sonorisation), et permet de couper le signal pendant l’accordage — chose qu’un accordeur à pince ne peut pas faire si vous êtes branché et devez couper le son de la salle en réaccordant entre les morceaux d’un concert. Pour pratiquer chez soi sans amplification, ce n’est pas indispensable, mais si vous jouez déjà régulièrement en format amplifié, c’est l’outil qu’il faut et il évite le bruit gênant de débrancher et rebrancher le câble à chaque fois.

Applications mobiles. Elles sont pratiques car il n’y a rien à acheter ni à transporter en plus, et il en existe des gratuites de qualité tout à fait correcte. Le problème est celui déjà mentionné : la plupart fonctionnent en captant le son via le micro du téléphone, donc dans un environnement bruyant — ce qui est pratiquement la norme en flamenco, entre palmas, cajón et conversations — elles perdent en précision ou cessent carrément de détecter la note clairement. C’est une option raisonnable pour une vérification rapide et ponctuelle en solo et en silence, mais elle ne remplace pas un accordeur à pince pour un usage habituel, et n’est certainement pas fiable en groupe.

En résumé : pour le quotidien à la maison ou en cours, l’accordeur à pince offre le meilleur rapport entre précision, robustesse face au bruit et prix. Si vous jouez amplifié en direct, ajoutez une pédale à l’équation. Les applications restent une solution de secours quand aucun des deux n’est à portée de main.

Accordages alternatifs du flamenco : un accordeur standard suffit-il ?

Une particularité du flamenco qui surprend celui ou celle qui vient de la guitare classique ou populaire est qu’on ne joue pas toujours dans l’accordage standard (Mi-La-Ré-Sol-Si-Mi). Il existe des accordages alternatifs, liés historiquement à certains palos et à l’habitude d’adapter l’instrument à la voix du cantaor sans avoir à trop monter la capo.

Les plus courants sont l’accordage « por medio » — qui désigne généralement le fait de jouer en Mi avec capo, en utilisant le doigté de Mi comme référence tonale même si ça sonne dans un autre ton — et des accordages spécifiques comme le « por granaína » (aussi appelé accordage par Do ou « accordage de la sixte au Ré »), où l’on désaccorde la sixième corde (le Mi grave) en la descendant jusqu’au Ré pour obtenir des résonances et des basses caractéristiques du taranto et de la granaína. Il existe aussi des variantes comme l’accordage « por rondeña », qui modifie plusieurs cordes à la fois pour obtenir des accords ouverts propres à ce palo.

La bonne nouvelle, c’est qu’un accordeur standard, qu’il soit à pince, à pédale ou une application, convient parfaitement pour ces accordages alternatifs, à une condition : vous devez savoir sur quelle note exacte accorder chaque corde, car l’accordeur ne « sait » pas que vous jouez en granaína, il vous indique simplement quelle note sonne et de combien vous êtes en dessous ou au-dessus de la note que vous lui demandez. La plupart des accordeurs chromatiques (ce qu’il vaut mieux acheter, plutôt que des accordeurs « guitare seule » limités aux six notes standard) affichent toutes les notes de la gamme chromatique, donc ils détectent sans problème un Ré sur la sixième corde même si ce n’est pas son accordage habituel.

La seule nuance pratique est que, en désaccordant une corde de plusieurs tons en dessous de son accordage standard (comme quand on descend la sixte au Ré), la corde perd en tension et peut sonner un peu plus molle ou « lâche » au début ; il convient d’accorder calmement et de vérifier la note à deux reprises, car les cordes très détendues mettent un peu plus de temps à se stabiliser. Pour le reste, aucun accordeur « spécial flamenco » n’est nécessaire : il suffit qu’il soit chromatique et précis.

À quoi sert vraiment un métronome dans le compás flamenco

Beaucoup de gens associent le métronome uniquement au fait de marquer un tempo constant, comme en musique classique ou en pop, d’où l’idée reçue de certains guitaristes flamencos qui l’écartent en pensant que « le compás flamenco a un autre type d’accents et ne convient pas à un métronome simple ». C’est une idée à moitié vraie : le métronome basique à pulsation régulière ne suffit effectivement pas, mais cela ne signifie pas que le métronome ne sert à rien — cela signifie qu’il faut en utiliser un avec la fonction adéquate.

Le compás flamenco, dans des palos comme la soleá, la bulería ou la seguiriya, s’organise en mesures d’amalgame de douze temps, avec des accents qui ne tombent pas de façon régulière tous les deux ou trois temps comme dans une valse ou une marche, mais selon une combinaison spécifique de temps forts et faibles (par exemple, dans la bulería, les accents caractéristiques tombent généralement sur les temps 12, 3, 6, 8 et 10 de la mesure de douze). Un métronome qui fait seulement « clic, clic, clic » à un tempo fixe n’aide pas beaucoup à intérioriser cette structure, et peut même semer plus de confusion qu’il n’aide si le guitariste essaie de caler le compás sur une pulsation qui ne marque pas les vrais accents.

C’est là qu’interviennent les métronomes dotés d’une fonction d’accent programmable, présents sur la plupart des métronomes numériques de milieu de gamme et au-dessus. Ils permettent de définir des mesures de douze temps et de marquer avec un son différent (plus aigu, plus fort) les temps correspondant aux accents du compás flamenco, en laissant les autres temps avec un clic plus doux, voire silencieux. Pratiquer ainsi, avec l’accent correct mis en évidence, est bien plus utile que de mémoriser le compás uniquement à l’oreille ou en comptant avec des palmas, car cela permet d’isoler la structure rythmique et de la travailler lentement, en augmentant progressivement le tempo à mesure qu’on la maîtrise.

Au-delà de marquer les accents, le métronome remplit une autre fonction moins évidente mais tout aussi importante : il corrige l’habitude, très courante chez les guitaristes flamencos autodidactes, d’accélérer sans s’en rendre compte dans les passages les plus virtuoses (falsetas rapides, picados) et de ralentir dans les plus calmes. Jouer régulièrement avec un métronome pendant l’étude, même si en représentation réelle il y a du rubato et de la liberté expressive, entraîne l’oreille et la main à maintenir une pulsation interne solide, ce qui permet précisément ensuite de prendre des libertés en toute sécurité sans décaler le compás.

Métronome numérique contre métronome mécanique

Le métronome numérique est aujourd’hui l’option la plus pratique pour la plupart des guitaristes flamencos, justement pour ce qui a été expliqué dans la section précédente : il permet de programmer des mesures d’amalgame, de personnaliser l’accent sur des temps précis, d’enregistrer plusieurs patterns rythmiques pour différents palos (un pour la soleá, un autre pour la bulería, un autre pour les tangos) et d’ajuster le tempo avec une précision décimale. Beaucoup de modèles de poche incluent aussi un petit haut-parleur au volume suffisant pour pratiquer avec la guitare à volume normal sans perdre le clic, et certains intègrent un accordeur, ce qui en fait un outil deux-en-un assez pratique à emporter dans l’étui de la guitare.

Le métronome mécanique à pendule, le classique en forme de pyramide au bras oscillant, offre moins de fonctionnalités mais conserve un avantage que certains guitaristes trouvent très précieux : le mouvement visuel du pendule. Voir le bras osciller d’un côté à l’autre aide à intérioriser la pulsation d’une façon différente que par la seule écoute, particulièrement utile pour qui étudie le compás aussi avec le corps (en marquant du pied ou en se balançant légèrement), une pratique courante dans l’apprentissage du flamenco. Il n’a besoin ni de piles ni de charge, il est pratiquement indestructible avec un minimum de soin, et pour qui a seulement besoin de marquer un tempo simple sans accents programmables, il est amplement suffisant.

La contrepartie du mécanique est justement l’absence d’accents personnalisables pour les mesures d’amalgame : il marque la pulsation de façon complètement régulière, donc pour travailler spécifiquement les accents de la bulería ou de la soleá il faut compenser en comptant mentalement ou avec des palmas par-dessus la pulsation marquée par le pendule. C’est un exercice valable et même très formateur — beaucoup de maîtres le recommandent justement parce qu’il oblige l’élève à intérioriser l’accent au lieu de dépendre de la machine — mais il exige déjà une certaine connaissance préalable du compás.

Recommandation selon le budget

Pour qui débute et veut équiper sa pratique de guitare flamenca à la maison sans trop dépenser, voici un guide indicatif :

Budget serré. Un accordeur à pince basique (généralement peu coûteux) couvre largement le besoin d’accorder avec précision, et un métronome numérique de poche simple, même avec une accentuation basique, permet déjà de pratiquer avec une pulsation fiable. C’est la combinaison minimale recommandable et, honnêtement, celle qui couvre les besoins de 90 % de ceux qui pratiquent à la maison ou en cours d’initiation.

Budget moyen. Il vaut la peine d’investir dans un métronome numérique avec fonction d’accent programmable pour des mesures de douze temps — c’est le saut de qualité le plus perceptible dans la pratique quotidienne du compás flamenco par rapport à un métronome simple. L’accordeur à pince reste suffisant à ce niveau ; inutile de dépenser plus pour l’accordage sauf si vous jouez déjà amplifié.

Qui joue avec amplification ou en direct assez régulièrement. Ici, il convient d’ajouter une pédale d’accordeur à la chaîne d’effets, qui se rentabilise dès la première fois qu’elle évite le silence gênant de débrancher le câble en pleine représentation pour accorder à l’oreille. Le métronome, pour ce profil, fait généralement déjà partie de l’équipement de répétition plutôt que du direct, donc la priorité de dépense va d’abord à la pédale.

En règle générale, et comme pour d’autres accessoires de guitare flamenca, il n’est pas nécessaire de commencer par le plus cher : un accordeur à pince correct et un métronome numérique avec accents programmables répondent largement aux besoins de l’immense majorité des guitaristes, amateurs ou semi-professionnels, et représentent un petit investissement comparé au temps qu’ils font gagner dans la pratique quotidienne du compás.

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