Rocío Dúrcal

Qui est Rocío Dúrcal ?
María de los Ángeles de las Heras Ortiz, connue sous le nom d’artiste Rocío Dúrcal, est née le 4 octobre 1944 dans le quartier ouvrier de Cuatro Caminos, à Madrid. Aînée d’une fratrie de six enfants, elle était la fille de Tomás de las Heras, employé dans une entreprise automobile, et de María Ortiz, femme au foyer. Son nom de scène est né de l’idée de son découvreur, l’imprésario Luis Sanz : “Rocío” en référence au surnom affectueux que lui donnait son grand-père, qui trouvait que sa voix rappelait la rosée du matin, et “Dúrcal” d’après le nom d’une localité de la province de Grenade, choisie presque au hasard sur une carte d’Espagne.
Dès l’enfance, elle se passionne pour le chant et la comédie, animant les fêtes scolaires malgré les réticences initiales de ses parents à la voir se lancer dans une carrière artistique. Sa participation à des concours radiophoniques et à l’émission de télévision Primer Aplauso, au milieu des années 1950, attire l’attention de Luis Sanz, qui devient son mentor et guide ses premiers pas.
Parcours
Sa notoriété passe d’abord par le cinéma : elle est à l’affiche de “Canción de Juventud” et “Rocío de la Mancha”, des films qui lui ouvrent les portes d’un contrat avec la maison de disques aujourd’hui intégrée à Universal Music. En 1962 paraît son premier album, “Las Películas de Rocío Dúrcal”, et les années suivantes la voient tourner une quatorzaine de films, aux côtés d’artistes comme Enrique Guzmán ou Palito Ortega, tandis que sa carrière l’emmène en tournée au Mexique, au Venezuela, à Porto Rico et aux États-Unis, où elle se produit même dans l’émission d’Ed Sullivan.
Le tournant survient en 1977 : désormais concentrée sur la musique après avoir signé chez Ariola Eurodisc, elle rencontre au Mexique le compositeur Juan Gabriel. Ensemble, ils enregistrent plusieurs albums de rancheras qui deviennent de véritables succès commerciaux, relançant sa carrière et la consacrant comme l’une des grandes interprètes du genre, au point d’être considérée comme l’une des reines de la ranchera. Leur collaboration se poursuit, avec des hauts et des bas, jusqu’à l’album double “Juntos Otra Vez” (1997). Parallèlement, elle enregistre aussi des ballades et travaille avec des compositeurs comme Rafael Pérez Botija et Marco Antonio Solís, en plus de duos avec des artistes tels que Julio Iglesias, Joan Manuel Serrat ou Camilo Sesto.
Discographie marquante
Parmi ses albums les plus connus figurent “Confidencias” (1981), “Si te pudiera mentir” (1990) et les disques enregistrés avec Juan Gabriel, dont plusieurs titres sont devenus des classiques de la ranchera en espagnol. En 2001 sort “Entre Tangos y Mariachi”, puis en 2004, alors déjà malade, son dernier album, “Alma Ranchera”. Tout au long de sa carrière, elle a vendu plusieurs dizaines de millions de disques, avec un attachement particulier du public mexicain, qui la surnommait “l’Espagnole la plus mexicaine”.
Vie personnelle et héritage
En 1969, elle épouse le chanteur Antonio Morales, dit “Junior”, avec qui elle a trois enfants, dont Shaila Dúrcal, qui poursuivra la tradition musicale familiale. Diagnostiquée d’un cancer en 2001, elle continue à se produire et à enregistrer pendant son traitement, jusqu’à ce que la maladie se propage aux poumons. Rocío Dúrcal meurt le 25 mars 2006 à son domicile de Torrelodones (Madrid), à l’âge de 61 ans. En 2007, la mairie de Madrid lui dédie une place dans le quartier de Tetuán, et son héritage reste très présent tant en Espagne qu’au Mexique.